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Macron et Le Pen dans le dernier élan avant les élections françaises cruciales

Malgré des sondages montrant que le président français se dirige vers sa réélection, on craint que le faible taux de participation et la désillusion de la gauche ne voient encore le challenger d'extrême droite l'emporter

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PARIS (AFP) — Les candidats à l'élection présidentielle française Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont lancés dans une dernière vague de campagne vendredi, espérant mobiliser des millions d'électeurs hésitants avant le black-out médiatique du week-end imposé pour le second tour des élections de dimanche.

Les deux candidats ont lancé des attaques lors d'entretiens avant des promenades rassemblements de dernière minute, Le Pen insistant sur le fait que les sondages d'opinion donnant Macron en tête seraient démentis.

"Les sondages ne sont pas ce qui décide d'une élection", a déclaré Le Pen, qui espère devenir la première femme présidente de France, après avoir posé pour des selfies dans la ville d'Etaples, au nord de la Manche.

Elle a de nouveau visé le projet de sa rivale de repousser l'âge de la retraite de 62 à 65 ans, une réforme que le président a mise sur la glace après de violentes protestations il y a deux ans.

"Avec Emmanuel Macron, les Français vont écoper de la prison à vie", a-t-elle déclaré vendredi.

Macron a pour sa part déclaré que Le Pen tentait de masquer une plate-forme autoritaire "d'extrême droite" qui stigmatise les musulmans avec un plan visant à interdire le port du foulard en public et à "abandonner les textes fondateurs de notre Europe... qui protègent les individus, les droits de l'homme et les libertés".

« Des millions de nos concitoyens se sont rapprochés de son parti et de son projet parce qu'elle donne l'impression d'avoir une réponse au problème du pouvoir d'achat. Mais ses réponses ne sont pas viables », a-t-il déclaré à la radio France Inter.

Plus tard dans la journée à Figeac dans le sud de la France, Macron a déclaré à ses partisans qu'il s'attendait à ce qu'ils "restent mobilisés jusqu'à la dernière seconde" car sa victoire n'était "pas une affaire conclue" même si les derniers sondages d'opinion prédisent sa victoire par une marge de 10 points de pourcentage ou plus.

Marine Le Pen, candidate à la présidentielle du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), salue les gens alors qu'elle quitte la ville portuaire de Berck dans le cadre d'une visite de campagne d'une journée dans le nord de la France le 22 avril 2022, deux jours avant le second tour de l'élection présidentielle française. (Photo par DENIS CHARLET / AFP) Le Pen a quant à lui déclaré que soit le résultat de l'élection "j'aurai fait la campagne que je voulais".

À partir de minuit, aucun candidat ne sera autorisé à donner des interviews, à distribuer des dépliants ou à organiser des événements de campagne jusqu'à 20h00 (18h00 GMT) dimanche, lorsque les premières estimations des résultats commenceront à arriver.

La publication de sondages d'opinion sera également interdite en vertu des règles de campagne françaises visant à limiter les ingérences de dernière minute dans les choix des électeurs.

Caractère générique à faible taux de participation

Les analystes estiment que les taux d'abstention pourraient atteindre 25 à 30 %, en particulier parmi les électeurs de gauche mécontents du programme pro-business de Macron, notamment de ses réductions d'impôts pour les entreprises et les plus hauts revenus.

Le leader d'extrême gauche Jean-Luc Melenchon, qui a obtenu une troisième place serrée lors du vote du premier tour le 10 avril, a ostensiblement refusé d'exhorter ses millions de partisans à bloquer Le Pen en votant pour l'ancien banquier d'investissement.

"Cela fait huit mois que j'essaie d'éloigner les gens de cet abstentionnisme", a déclaré Le Pen à la télévision CNews.

"Je veux être le président de l'harmonie... qui réconcilie le peuple avec ses dirigeants."

Un homme tient des tracts de campagne du président français Emmanuel Macron et candidat centriste à la réélection à Marseille, dans le sud de la France, le vendredi 22 avril 2022. (AP Photo/Daniel Cole) Les vacances scolaires de printemps vont également battre leur plein dans une grande partie de la pays ce week-end, augmentant les chances que de nombreux électeurs ne votent pas – et ajoutant un joker au résultat final.

Un débat télévisé très attendu entre les deux rivaux mercredi n'a pas semblé changer leur élan dans les sondages, la plupart montrant des intentions de voter pour Macron à 53 contre 56 % contre 44 contre 47 pour Le Pen.

Ce serait un résultat beaucoup plus proche qu'en 2017, lorsque les mêmes candidats se sont affrontés mais Macron l'a emporté avec 66% contre 34% - un signe pour les analystes que les efforts de Le Pen pour adoucir et "dé-diaboliser" l'image de son parti ont payé parmi une grande partie de l'électorat.

S'il gagne, Macron serait le premier président français à être réélu depuis Jacques Chirac en 2002, lorsque le père de Marine Le Pen, Jean-Marie, a secoué l'establishment politique en atteignant le second tour.